Combien faut-il avoir comme épargne avant de lancer son entreprise?

Vous travaillez comme salarié dans une entreprise et vous gagnez plus ou moins bien votre vie. Toutefois, cette situation ne vous convient pas toujours à 100%. Vous sentez comme un vide en vous et surtout l’envie d’un espace où vous pourriez exprimer vos talents plus librement. L’idéal serait de tout lâcher et de vous lancer dans la réalisation de vos rêves mais cette décision n’est pas à prendre à la légère. La plupart du temps, l’on pense à se constituer une épargne personnelle pour tenir le temps que la nouvelle entreprise prenne.

Je trouve cela amusant quand certaines personnes suggèrent des formules pour calculer le minimum nécessaire pour démarrer son activité. L’idée la plus répandue serait de disposer d’au moins un an de salaire avant de penser à tout lâcher. Mais à regarder le parcours de nombres d’entrepreneurs ayant réussi, on devine aisément que ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. Une entreprise réussie, c’est une combinaison d’intuitions réfléchies, de risques calculés et d’incertitudes. Si vous voulez entreprendre, sachez que vous allez devoir faire un gros pari. Un pari qui en vaut la peine, bien entendu.

Entreprendre, c’est résoudre les problèmes des autres. Il faut donc être en mesure de résoudre ses propres problèmes avant de penser à résoudre ceux d’autrui

Dans le monde réel, vous ne pouvez pas attendre que tous les feux soient verts dans la circulation avant de sortir de chez vous; il en va de même pour l’entrepreneuriat. La situation parfaite et sans risque que vous espérez ne se présentera jamais. Vous aurez beau stocké l’équivalent d’un an de salaire en banque avant de démarrer, il se présentera toujours une situation que vous n’aviez pas prévu. D’ailleurs, peu d’entrepreneurs ayant réussi pouvaient se permettre le luxe d’avoir autant d’argent en banque à leurs débuts. C’est vrai qu’il est plus confortable d’avoir quelques économies avant de démarrer mais ce qui fonde la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas, c’est la mentalité et la méthode.

Entreprendre, c’est résoudre les problèmes des autres. Il faut donc être en mesure de résoudre ses propres problèmes avant de penser à résoudre ceux d’autrui. La meilleure formule pour se lancer, c’est d’abord d’identifier les difficultés auxquelles l’on aura à faire face, puis de trouver une solution à chacune d’elles. Cette méthode vous aidera à gérer les risques et à réduire au minimum les couts auxquels vous aurez à faire face. Cela peut se présenter comme suit:

• Estimer les dépenses à assurer avant de pouvoir vendre le moindre produit. Par exemple les dépenses d’ordre légal (agrément, enregistrement), les couts de fabrications du prototype, la réalisation d’un logo, etc.

• Estimer les couts liés au matériel dont vous aurez besoin pour démarrer: fournitures de bureau et accessoires, ordinateurs etc.

• Estimer le déficit budgétaire avant la marge brute d’autofinancement. Il faudra estimer à l’avance pour chaque mois, les flux financiers liés aux ventes, aux frais et aux couts de production. N’oubliez pas que toutes les entreprises ne se font pas payer au comptant et par ailleurs certaines entreprises ne sont pas tenues de régler immédiatement les dépenses liées aux charges de fonctionnement. Le décalage entre les flux entrants et les flux sortants est très important pour les entreprises en démarrage. C’est le fonds de roulement et lorsqu’on débute, il est encore plus important que le résultat comptable. Des délais de paiement trop long peuvent être à la base d’une faillite.

• Calculer le montant nécessaire pour couvrir les dépenses courantes entre le déficit budgétaire et l’atteinte de la capacité d’autofinancement.

• Garder à l’esprit que ces points ne sont que des estimations. Elles rendent les incertitudes plus faciles à gérer mais ne les éliminent pas! 

Après toutes ces estimations, c’est à vous de décider selon votre gout, combien il vous faut pour démarrer. Vous devez aussi avoir un plan B, ça peut être des personnes vers qui vous pouvez vous tourner pour obtenir un prêt ponctuel en cas de coup dur, ou plutôt un savoir-faire parallèle que vous monnayez occasionnellement pour arrondir les fins du mois.

Toutefois, n’attendez pas de résoudre toutes les difficultés sur le papier avant de démarrer. Ayez de l’audace car c’est la seule manière dont les choses qui en valent la peine ont été accomplies.

Une contribution de Malick Amadou, financier beninois

Advertisement

No comments.

Leave a Reply