Concert du Bataclan : La securité de Roga Roga menacée

Il a suffit que Roga Roga annonce la sortie de son album le 08 mars et le concert d’Extra Musica au Bataclan pour que ses supporters et opposants se soulèvent. A commencer par ceux qu’on appelle « les combattants ». Ils se sont écartés un moment des festivités d’anniversaire de leur ami pour réaliser une vidéo dans laquelle ils promettent à l’artiste que son concert n’aura pas lieu. Pendant ce temps, Ibambi Rogatien (de son vrai nom) passe dans les différents médias afro pour communiquer et rassurer.

Puis l’on a vu des compatriotes se filmer en train d’appeler le bataclan pour leur dire que le concert de Roga Roga entraînera des émeutes et un autre reconnait avoir été sollicité pour agresser le leader d’Extra Musica en France.

Qu’est ce qui lui est reproché ?

Ce qui est mis en avant ce sont les paroles de la chanson « Oyo ekoya eya ». Dans ce titre « le chevalier » parle d’un parisien qui est rentré au pays, troublé par les factures qu’il avait en europe, de son quotidien metro-boulot-dodo et qui n’a pour richesse que ses habits et ses chaussures. Ses détracteurs se seraient sentis indexés par cette chanson. Les plus virulents reconnaissent que c’est surtout son engagement derrière le président Sassou Nguesso qui le rend infréquentable. Ces opposants considèrent cette idée de concert comme un affront.

Le grand Zangul de son coté s’est évertué à expliquer que sa chanson n’avait pas généralisé les parisiens. Il a prôné l’unité des congolais avec le droit pour chacun d’avoir des choix politiques.

 

La polémique dans les maisons

Pendant ce temps le sujet ne manque pas de susciter la polémique dans les retrouvailles des congolais, lorsqu’il est abordé. Armel de Montargis dit qu’il doit présenter des excuses solennelles pour sa chanson pour qu’il soit à nouveau accepté à Paris. Son ami à coté pense que ça ne suffira pas, parce qu’il traite avec Sassou.

Prudence que nous avons rencontré à Chateau Rouge, pense ne pas aller à ce concert par crainte des violences de la part des « combattants ». Puis elle a conclut par « si quelqu’un se sent insulté lorsqu’on dit richesse na ngai bilamba na mapapa ya château rouge, c’est qu’effectivement il n’a que ça. Et c’est triste pour lui. Ce n’est pas la faute de Roga Roga »

Un homme d’affaires pontenegrin en séjour en France nous explique : « Il y’a une forme de dictature qui fait que pour prospérer dans les affaires au Congo, il faut forcément sympathiser avec le régime. Lorsqu’on le fait, il y’a d’autres dictateurs, des opposants qui sont à l’abri ici, qui vous indexent ou vous agressent dans les rues de Paris comme s’ils auraient fait différemment dans les mêmes conditions que nous ».

Visiblement, pour le concert du 26 mai au Bataclan, la politique veut nuire à la culture. Vivement que les esprits s’apaisent de part et d’autre.

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