admin 21 août 2020

La ministre de la santé Jacqueline Lydia Mikolo, a signé en fin juillet une circulaire interdisant les ristournes au profit des prescripteurs. Elle a mis en reference une série de texte de loi en rapport avec la corruption pour indiquer que ce sont des pratiques illégales.

De quoi s’agit-il. La concurrence entre les centres d’imagerie et les laboratoires d’analyse, fait qu’ils reversent des commissions aux médecins et paramédicaux prescripteurs d’examens qui envoient des malades chez eux. Ces revenus parallèles peuvent atteindre 100 mille francs par mois pour certains prescripteurs. Un bon complément du salaire qui peut financer les déplacements ou le budget d’infidélité (lol).

Jacqueline Mikolo

La dame a chargé l’inspection générale de la santé pour veiller au respect de cette consigne. La même direction sensée empêcher les praticiens d’aller servir au privé pendant leurs horaires de travail au public.  On sait tous qu’en pratique, ce ne sera pas facile pour eux d’étouffer complètement cette pratique si elle perdure, tant à cause du besoin que des liens entre les acteurs.

  • Les labos des hôpitaux publics ne veillent pas toujours au reparametrage de leurs machines, au point de délivrer des résultats que les praticiens mettent souvent en doute.
  • Il y’a des examens qui ne se font pas dans nos hopitaux publics. A Pointe-Noire, c’est Loandjili qui a un scanner souvent en panne. Celui du Chu est HS depuis bien longtemps.
  • En urgence, pendant les gardes plusieurs hopitaux ne font que la numération sanguine, la glycémie et la goutte épaisse. Alors que certains labos privés à Brazzaville peuvent vous situer sur le fonctionnement rénal ou une ischémie cardiaque à 2h du matin.
  • Les laboratoires et centres d’imagerie appartiennent à des confrères ou des anciens enseignants des prescripteurs.
  • L’expertise reconnue de tel radiologue pour tel examen qu’il fait dans tel centre privé. Entre médecin également, ils savent que ce confrère qui intervient dans le centre X est nul dans tel domaine.

Le piège de la corruption est effectivement cette habitude de certains médecins à imposer aux patients un laboratoire situé plus loin ou plus couteux, juste à cause du « partenariat ». C’est contraire à l’éthique ! La ministre estime que ce qui est reversé aux prescripteurs aurait pu bénéficier aux patients en termes de réduction de cout. Le patient, justement, n’a pas l’information. Il ne sait pas ou est ce qu’on fait tel examen. Il se confie au prescripteur.

A notre avis, le phénomène va s’arrêter un moment. Lorsque certains centres privés, surtout ceux qui sont situés loin des grands hôpitaux publics, réaliseront d’ici à 6 mois, le manque à gagner, ils recontacteront discrètement leurs plus grands prescripteurs identifiés pour relancer la machine. Les « messagers du bonheur » ne se baladeront plus ouvertement dans les hôpitaux avec leurs enveloppes nominatives destinées aux prescripteurs. Ça se fera discrètement dans un bureau, peut-être hors de l’hôpital.

L’idéal est d’équiper nos hopitaux, de les rendre compétitif par rapport au privé tant par la qualité des examens que par les horaires des services.

E.O

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