Talansi : Une marque internationale de vetements qui se déploie depuis Pointe-Noire

De plus en plus de femmes congolaises font appel aux services d’Adriana Talansi pour leurs tenues de cérémonies. Pourtant, la styliste congolaise nous confie vendre plus à l’étranger qu’au Congo.

A 27 ans, mère de 2 enfants, cette jeune dame récemment mariée ne se destinait pas à la couture. Après son bac en gestion, elle a débuté en tant que comptable et assistante de direction dans des entreprises de la place. C’est suite à la mort d’un proche qu’elle a décidé de revenir à sa passion. «  A 11 ans déjà, j’aimais aider mes tantes à se faire belles, à faire leur Make Up, à aider les autres à se sentir à l‘aise»

La styliste Adriana Talansi (en rouge) – Lagos 2018

Les Podiums

En 2013, elle s’est lancée en squattant le local d’une tante à qui elle reversait une commission sur ses ventes. L’année suivante, elle a présenté sa première collection dénommée « simple et sublime ». Juste avant de faire profiter son talent aux comités miss Cabinda et miss Angola.

Depuis, elle n’arrête plus de parcourir les podiums au pays, en Afrique et en Occident, en raflant des prix au passage. « J’aime la compétition, ça m’aide à repousser mes limites ». De plus, ça permet d’augmenter sa base de clients potentiels. Une spécialiste du secteur nous a affirmé qu’elle est probablement la styliste congolaise qui a fait le plus de podiums étrangers cette année.

Un modèle de Talansi à Dubai en 2016

A Dubai, elle est la seule africaine sélectionnée parmi les 5 designers les plus créatives qui doivent défiler en Novembre prochain. Le musée d’art africain de New York souhaite voir ses oeuvres. Nous l’avons rencontré à son retour de l’African Fashion Week du Nigeria qui s’est tenue le 15 septembre dernier. Auparavant, il y’a eu Dakar, Lomé, sans oublier le triomphe au Carrousel de la mode de Pointe-Noire.

Elle jure qu’elle arrive à financer ces différents podiums juste en reinvestissant ses benefices et parfois grâce à l’aide de son manager d’époux. « Je préfère serrer la ceinture, ne pas m’acheter tel sac ou telle voiture, parce que je tiens à ce rêve » a t-elle expliqué.

Ce rêve, Adriana Talansi y est presque. C’est pour cela qu’elle a refusé des offres d’emploi de designers en Ecosse, en Tunisie et en Angola, malgré les 8 millions fcfa mensuels proposés. Sa seule limite pourrait être sa famille à laquelle elle est très attachée. «J’ai mes visions dans 5 ans, mais parfois c’est compliqué lorsqu’on a une vie de famille, parce que mon mari aussi a son travail qu’il faut respecter » nous a t-elle confié.

Au pays de la sape, on aime s’exhiber dans des marques européennes de vêtements. Pendant ce temps, il y’a des gens à l’extérieur qui s’excitent devant les vêtements d’Adriana Talansi, une enfant du coin. Faut-il en rire ou en pleurer ?

Euclide Okolou

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