Terroirs du Congo, l’adresse du Made In Congo alimentaire à Paris

Tous ceux qui ont vécu à l’étranger connaissent le plaisir nostalgique qu’il y’a de consommer un plat congolais à des milliers de kilomètres de Kinkala. On tremble devant un simple safou. On bénit de tout coeur celui qui nous offre un « mokalou » de Loukolela. Certains ont compris cela et en ont fait un business en région parisienne, particulièrement à la célèbre place du « Chateau rouge ». On y trouve beaucoup de commerçants asiatiques, arabes, camerounais et de Rdc. Nous avons rencontré une seule compatriote de Brazzaville, Mme Lydie Vannard, née Zikou, propriétaire de la boutique “Terroirs du Congo”.

 Certains douaniers français m’ont conseillé d’importer mes produits de Kinshasa, vu que les produits importés de Brazzaville paient plus de taxes. J’ai répondu que je suis du Congo et je veux vendre uniquement les produits de chez moi”

Pourtant, certains anciens prétendent que c’est sa sœur ainée, Sophie Nzikou, qui fût la première noire à se lancer dans le commerce des aliments exotiques dans ce quartier. Aujourd’hui c’est le drapeau de la Rdc que l’on trouve devant plusieurs magasins avec des noms évocateurs comme « Tout Kin ». Dame Vannard, l’explique par la différence des frais d’importation. Les autres pays ne paieraient pas de droits de douane en France, sauf le Congo (Le pays n’aurait pas encore signé la dernière version des accords de Cotonou selon son transitaire).

«  Certains douaniers français m’ont conseillé d’importer mes produits de Kinshasa, vu que les produits importés de Brazzaville paient plus de taxes. J’ai répondu que je suis du Congo et je veux vendre uniquement les produits de chez moi » nous a t-elle confié.

Il y’aurait également la taxe phytosanitaire que ses concurrents camerounais paient à moins de 5000 fcfa à Douala, alors qu’elle est facturée à 100 fcfa/kg à l’aéroport de Brazzaville et remise sans reçu. Ces tracasseries nuisibles au potentiel concurrentiel a découragé bien de compatriotes qui s’étaient embarquées dans ce secteur.

“Maman Lydie” persévère. Au début des années 2000, elle livrait des restaurants et magasins. En 2013, elle a créé la boutique « Terroirs du Congo » dont le succès ne cesse de s’accroître. Son atout est décrit par William, un client venu de Choisy-le-Roi « Ce n’est qu’ici que je trouve le Boueka Bueni. De plus je préfère acheter les courges et le saka-saka ici parce que ça me rappelle le pays ».

« Vous savez que notre coco est différent de celui de la Rdc ? Je n’en trouve que chez elle. Puis à travers elle, j’ai le sentiment de soutenir l’agriculture de mon pays » nous a confié une autre cliente.

L’ancienne professeure de mathématiques assure que tout est made in Congo, grâce à ses coopératives partenaires de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Ngabé et Makoua, parmi lesquelles Agrideck. A 56 ans, dont plus de la moitié passée dans l’hexagone, elle se sent heureuse de faire ce travail qui lui met au contact des congolais qui viennent de si loin parfois.

R M

Advertisement

No comments.

Leave a Reply