Calissa Ikama, une mort utile ?

Okibata.com (mai 2014) – Selon les psychiatres, les victimes d’un drame émotionnel développent des mécanismes de défense les permettant de supporter la réalité extérieure et de lutter contre l’angoisse. Parmi ces mécanismes de défense, l’on cite entre autres : l’humour, la projection agressive, le déni et l’altruisme.

C’est peut-être ce dernier mécanisme qui a inspiré M Jean Jacques Ikama après le décès de l’un de ses enfants : Calissa Ikama. Une belle et brillante adolescente de 15 ans qui a été fauchée par un cancer de l’ovaire le 11 novembre 2007. Une petite très attachée à son père et à la littérature au point de laisser à l’humanité 3 romans dont « Le triomphe de Magalie » qui a été publié lorsqu’elle avait 12 ans.

Calissa est morte d’un cancer – Il faut empêcher que ça arrive à d’autres enfants, surtout lorsqu’il apprend que plus un cancer est découvert tôt, plus il y’a des chances de guérison. Ce cadre de la société nationale des pétroles du Congo (Snpc) crée alors la fondation Calissa Ikama. Ses amis Yolande Ketta-Banguyd et Makaya Jean Jacques en assurent la direction avec respectivement les titres de présidente et secrétaire général.

Ils réussissent à obtenir le soutien inestimable du service de cancérologie du chu de Brazzaville à traver son chef le Pr Gombé Balawa. Ainsi le Pr Judith N’SONDE devient le conseiller scientifique. La maison du 500 rue Loueme (Plateaux des 15 ans) où a vécu Calissa devient le siège de l’organisation. Et les actions s’enchainent pour le soutien à la lutte contre le cancer de l’enfant…

Très tôt la fondation prend conscience de la sous information du public, du cout élevé de la prise en charge thérapeutique, de la longue attente des résultats anatomopathologiques et du déficit en spécialistes.
Des actions sont menées tous azimuts de la sensibilisation des leaders d’opinions et des jeunes, au renforcement des capacités du corps médical, en passant par des dons de médicaments aux enfants malades du cancer. Le dernier don en date, d’une valeur d’environ 55 millions fcfa couvre 8 cures de chimiothérapie pour 24 enfants.

Son lobbying auprès de 525 décideurs congolais a probablement participé à l’établissement d’un plan national de lutte contre le cancer au Congo. Dans les prochains mois, il devrait être lancé 2 projets qui auront un impact significatif : « c’est peut-être un cancer » et « cancer infoline ».
Le premier sensibilisera les médecins sur les premiers signes du cancer pour faciliter les diagnostics précoces et le second répondra aux questions du public sur une ligne verte.

Comme le grain de blé qui meurt pour porter beaucoup de fruits, ainsi en est aujourd’hui le décès de Calissa, qui a suscité la fondation qui aide directement et indirectement à sauver et prolonger des jeunes vies. Pourvu que ses parents aient eu la force de faire le deuil !

Dr Euclide Okolou

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